Partager l'article ! * Vitrolles. Un policier grièvement blessé par balles: Lundi 28 novembre 2011 vers 02h30 dans le parc d'activités "Les estroublancs" à Vi ...
Lundi 28 novembre 2011 vers 02h30 dans le parc d'activités "Les estroublancs" à Vitrolles (Bouches-du-Rhône), un policier de la Brigade anticriminalité (BAC) d'Aix-en Provence a été grièvement blessé par balles lors d'une intervention suite à une série de cambriolages à Vitrolles. Atteint d'une balle dans la tête et de deux à l'épaule, le sous brigadier Eric Lales, un père de famille de 37 ans a été transporté à l'hôpital Nord de Marseille "dans un état désespéré".
"Le pronostic est malheureusement réservé", a déclaré le Ministre de l'Intérieur, Claude Guéant, en marge d'un déplacement à Lyon, faisant état d'un sentiment "de tritesse et d'indignation". Il s'est rendu au chevet du policier vers 15H30.
La Procureure d'Aix a tenu une conférence de presse au tribunal de grande instance à 16H30.
"C'est une affaire d'une terrible réalité. Ce sont des individus qui sont des cambrioleurs d'habitude. Celui qui a trouvé la mort a été arrêté plus de 40 fois par les services de police", a déclaré à l'AFP le préfet délégué à la Sécurité dans les Bouches-du-Rhône, Alain Gardère.
De source proche de l'enquête, il s'agit de Patrick Lombard, âgé d'une vingtaine d'années, membre de la communauté des gens du voyage et du "gang des disqueuses", suspecté de cambriolages en série dans des commerces autour de Marseille, à l'aide de disqueuses pour y pénétrer.
Le policier, "expérimenté et très bien noté", père de deux enfants, de huit et neuf ans, était le chef de bord de son équipage, installé à côté du conducteur.
"A priori au nombre de quatre", les malfaiteurs ont été interceptés par les forces de l'ordre après des cambriolages dans plusieurs villes du département.
Repérés dans la nuit à un supermarché de Saint-Martin-de-Crau, puis à Aubagne et Venelles, ils sont pris en chasse par deux véhicules de la BAC, dont toutes les unités avaient été alertées. Les policiers jettent une herse, crevant un pneu de leur véhicule, une grosse cylindrée récemment volée où les enquêteurs ont retrouvé des produits surgelés.

Les braqueurs font alors feu avec une Kalachnikov, blessant le sous-brigadier, avant de prendre la fuite, laissant sur place un des leurs atteint à la tête.
"Il est mort d'une balle d'un de ses complices qui, en tirant sur le véhicule de police en balayage, l'a atteint au passage", a confirmé à l'AFP le directeur interrégional de la police judiciaire, Roland Gauze. Une douzaine d'impacts ont été relevés sur le pare-brise de la voiture de la BAC.
"Ce qui me préoccupe, c'est de constater que des malfaiteurs se munissent de Kalachnikov pour une série de casses nocturnes et n'hésitent pas à tirer sur des forces de police, leur but étant d'éviter à tout prix d'être interpellés", a ajouté M. Gauze.
Le ministre de l'Intérieur espère que l'identification du malfaiteur décédé "permettra de remonter jusqu'à ses complices". Il a rappelé qu'une loi en cours d'examen visait à réglementer le commerce des armes de guerre, afin qu'elles "ne puissent pas pénétrer sur notre territoire".
"Il s'agit d'un acte odieux qui marque une volonté délibérée de tuer du policier", a dénoncé David-Olivier Reverdy, secrétaire régional du syndicat de police Alliance.
"Ce drame ne survient pas comme un coup de tonnerre dans un ciel serein. Il s'inscrit hélas dans un mouvement tragique d'augmentation d'actes violents avec usage d'armes à feu sur tout le territoire national", a déploré Nicolas Comte, secrétaire général du syndicat Unité SGP Police.
Au commissariat d'Aix, l'émotion est vive: un des policiers de la BAC avait déjà été blessé, à un bras, par une rafale de Kalachnikov lors du braquage du Pasino, le 26 juin.
L'enquête a été confiée à la division criminelle et de répression du banditisme de la police judiciaire (DCRB) de Marseille.